Mardi 13 octobre 2009
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Elle dure pure endure
enduit suit fuit
tisse polisse politique
s'ébat débat s'abat
Espaces et courbures
s'enlisent et délient
sable et granite
matière et combat
la peinture vaut
mais ne vaurien
la peinture extrapole
monopole
la peinture hante
puanteur
la peinture se perd
perpétuelle
la peinture ternit
éternité
sur la blancheur de la toile
le pinceau se dévoile
sur les aspérités du modeling past
le couteau glisse et dévaste
sur la chair du lin
aucune fin
juste la faim.
Vendredi 16 octobre 2009
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Vile Ville
Ville beauté, ville lumière
Ville chimère
Ville miroir aux alouettes
Qui fait tourner les têtes
Ville aux pigeons,
Ville aux plongeons
Ville métropole,
Mégalopole
Ma ville, ma rue, mon chez moi
Je suis bien… avec toi.
Samedi 21 novembre 2009
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De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l’Indécis au Précis se joint.
C’est des beaux yeux derrière des voiles,
C’est le grand jour tremblant de midi,
C’est, par un ciel d’automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !
Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !
Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L’Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l’Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !
Prends l’éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d’énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l’on n’y veille, elle ira jusqu’où ?
Ô qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d’un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?
De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
Vers d’autres cieux à d’autres amours.
Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature.
1874.
Mercredi 2 décembre 2009
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Les sages d'autrefois, qui valaient bien ceux-ci,
Crurent, et c'est un point encor mal éclairci,
Lire au ciel les bonheurs ainsi que les désastres,
Et que chaque âme était liée à l'un des astres.
(On a beaucoup raillé, sans penser que souvent
Le rire est ridicule autant que décevant,
Cette explication du mystère nocturne.)
Or, ceux-là qui sont nés sous le signe Saturne,
Fauve planète, chère aux nécromanciens,
Ont entre tous, d'après les grimoires anciens,
Bonne part de malheur et bonne part de bile.
L'Imagination, inquiète et débile,
Vient rendre nul en eux l'effort de la Raison.
Dans leurs veines le sang, subtil comme un poison,
Brûlant comme une lave, et rare, coule et roule
En grésillant leur triste Idéal qui s'écroule.
Tels les Saturniens doivent souffrir et tels
Mourir, -en admettant que nous soyons mortels, -
Leur plan de vie étant dessiné ligne à ligne
Par la logique d'une Influence maligne.
Paul Verlaine.
Mercredi 2 décembre 2009
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Tout nous échappe, la solitude, la mort, la bonté, la haine, ne plus envier, ne plus être envier, ne plus désirer, juste être, être juste.
Aimer, vivre, dormir, mourir.