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Je transporte une toile dans le métro. C'est assez lourd. Mon amie Dominique MATTERN a raison, le chassis de la toile "Reflets Fleuris" est plus lourd que la moyenne. Je ne sais pas combien il pèce, mais je ne pourrai me promener toute la journée avec celle-là dans les mains. S'il fallait faire le peintre sandwich pour ne pas mourir de faim... je choisirai cette toile bleue, bien plus légère, une plume à côté.
En ce moment je doute que les peintres arrivent à vendre leurs toiles, étant donné la crise. Et avec ce froid glacial, nos pauvres toiles ne pourraient servir de tentes.
je ne crois pas qu'il existe encore un hôtelier ou un restaurateur qui accepterait d'héberger ou de nourrir un peintre inconnu contre quelques unes de ses
oeuvres.
Est ce une
bibliothèque, un plan de ville, des champs vus de très haut, des dessins aborigènes, des signes, Qu'est ce donc ?
C'est ma peinture, je n'en peux dire plus.
J'ai peint une assiette de ce genre un jour, mais elle a été cassée (hélas) par ma fille quand elle était petite. Trop
mignon !
Voici mes peintures, matières, métal,
sables mouvants,
couleurs absurdes,
couteau, pinceau, doigts, mains,
errances, mouvances,
absences, négligences.
mes platitudes, maigritudes,
grossièretés,naivetés,
mièvreries, étourderies.
Je peins,
je matérialise,
jeux matières.
Jeu miroir.
Voici mes variations chinoises,
végétales, minérales.
Intemporelles, intempéries,
mes éclaircies en rouge et or.
Mes abstractions oxydées,
plaines et vallées,
continents lointains,
pays colorés.
Mes terres et paix.
Mes Joséphines vues de dos,
dans tous leurs états,
de jour en jour et de nuit en jour,
de bleu en rouge et de noir en blanc.
ma vie en 2D.