Jeudi 17 septembre 2009
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Sur des restes de vies passées
Des tentatives d'expression
des rhapsodies altérées
Des états d'abstraction
Sur le sol desséché
Les craquelures meurtries
Les vieilles parois lessivées
Par les temps les plus aigris
La peinture se pose
expose compose
Décompose et arrose
impose et implose
Les sourcils broussailleux
Les cheveux en bataille
Les yeux bleus nacrés d'écaille
La bouche d'un rouge peureux
La peinture appose et s'oppose explose
repose dépose
Dose et surdose
Mercredi 23 septembre 2009
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Hier ou demain
Combat silencieux
Dire sans mot
sans musique
parler avec les doigts, les mains
taire l'odieux
Crier oui ou adieu
Se montrer pacifique
savoir suivre son chemin
Un crayon un calepin
Une toile un pinceau vieux
De la couleur un couteau
c'est magique
s'exprimer avec les mains
avec le coeur
Je veux en peinture sans mot dire
Voir les senteurs
Goûter les caresses
Entendre les saveurs,
Je veux regarder les douceurs
scruter les délices.
sentir les rires
toucher les couleurs
je veux sur le mur
voir cirer la matière
et me taire.
Je veux en art
Mordre l'amer
Fouler la terre
Découvrir le sucré
et m'en émerveiller
Distiller le salé
Et en boire l'écume
Je veux en art
Ne pas finir légume.
Samedi 26 septembre 2009
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le peintre agit, nous ressentons.
Le peintre ressent nos agissements.
question illusoire
quelles sensations s'accrochent à ses toiles ?
Le peintre ne fait plus profession de préserver le souvenir d'un visage aimé, d'une scène glorieuse, ou le pittoresque d'un paysage
Quels souvenirs, alors, s'attachent à ses toiles ?
Quelle comédie, mélancolie, colère, quel amour s'égrènent sur la matière picturale ?
Le peintre est l'archéologue de nos sentiments, de nos ressentiments ; le gardien de l'Histoire de nos pensées.
Il scrute la géologie du terrain, visite les strates du temps. Il met à jour les vestiges de notre mémoire visuelle. Il perturbe notre sensation du relief, faisant affleurer à notre mémoire les
fossiles enfouis d'instants anciens : le bal de chocolat brûlant un matin de printemps, la dentelle de la combinaison de notre mère, le vert du reflet de la bouteille à midi, le rouge de la cape
d'un torero, au temps où l'on n'avait idée ni du bien, ni du mal, et peut être même pas de l'esthétique.
Strates après strates de matière, de couleur, ces fossiles apparaissent sur la toile.
L'horreur, le malheur, le bonheur, la beauté, le sens, le non sens.
A l'opposé du paléontologue, qui au pinceau, enlève le sable autour de ses trouvailles, le peintre, pour pérenniser nos émotions, les protège dans une gangue de matière brute.
Il pose pigments, sable, terre, poudre, métal ; lie, coupe, martèle, racle, frotte, pour restituer quelques vestiges authentiques en lesquels nous nous retrouvons, au hasard du mur d'un
restaurant, de la salle d'un dentiste, du salon de nos voisins, de la visite d'un atelier, de la vitrine d'une galerie.
Impossible de cacher son trouble, l'image nous colle à la rétine, s'impose, explose.
Comme ces copies de pièces de musée ou ces photos ou livres que nous avons chez nous, pourvu qu'on puisse les toucher.
Le peintre conserve l'esthétique de nos émotions, la matière de nos souvenirs.
Mardi 29 septembre 2009
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Elle aimait les ciels bleus, les nuages blancs, les couleurs gaies, les visages
rieurs, les maisons fleuries. "Le gout des belles choses" pensait-elle.
Et elle avait raison.
Peut être ce qui était beau pour un homme préhistorique est laid pour une égyption, un grec ou un contemporain. peut être le contemporain a-t-il plus de chances de connaitre "l'histoire de l'art".
peut être l'homme préhistorique a plus de chances d'être le premier à créer. L'ennui est que le premier a également copié ses prédecesseurs.
Qui de l'oeuf ou la poule ?
Il semble que ce soit l'éducation et non seulement le pouvoir de l'oeil qui permettront de percevoir une émotion visuelle. Pourtant quel paysage peut apporter autant d'émotion qu'une toile de grand
maître ?
D'autres vous diront le contraire.
Quelle toile pourra apporter autante de sensations qu'un beau paysage ?
Qui se pâmera devant une mer en furie, à faire cauchemarder l'autre qui préfèrera la montagne l'hiver à faire glacer le sang de celui qui ne s'élancera que dans une cité urbaine grandiose et
inhumaine.
L'Idée s'arrête là.
Nous avons plongé dans le "figuratif" et dans le "il en faut pour tous les goûts".
Jeudi 1 octobre 2009
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L'abstrait ferait-il appel aux mêmes sensations ou émotions que le figuratif ?
Qui aime plus ce tableau rouge avec sa trace oire, qui sera jugé violent par l'autre qui préfèrera les ombres livides de cette toile blanche, qui affolera celui qui n'aime que le bleu lavé de ces
taches imprécises.
Alors, est-ce la couleur ?
Pourtant, untel se sentira surpassé par la vue de verticales vertigineuses qui seront dénigrées par l'amateur d'apaisement horizontal, qui ne conviendront guère à celui qui voit tout en
rondeurs.
Le dessin, alors, la ligne ?
Pour simplifier nous dirons la perception de l'ensemble, mais ce serait là une réponse bien évasive.
On s'en doutait.
Si j'aime Plus le bleu que le jeune, est-ce la forme de mon oeil, de mon cerveau, est-ce ma culture catholique qui assimile depuis l'an 1300 le bleu à la pureté, comme la robe de la vierge qui
était rouge avant, uniquement pour des raisons économiques, de production de la matière tinctoriale ?
Ou ma mère m'habillait-elle en grenouillère bleue quand j'étais enfant ?
Je m'en veux que mes goûts soient si restreints en matière artistique.
L'art conceptuel me pose parfois question, le pompier ne m'émeut pas.
Ma mère dirait "c'est bien fait, mais c'est tout."